>> ATÉNOLOL
Janvier 2006
IDENTIFICATION
CLASSE(S) CHIMIQUE(S)
CLASSE(S) PHARMACOLOGIQUE(S)
MECANISME D'ACTION
PHARMACOCINETIQUE
>
Absorption
>
Distribution
>
Métabolisme
>
Demi-vie
>
Elimination
INTERACTIONS MEDICAMENTEUSES ET ALIMENTAIRES
>
Interactions médicamenteuses
>
Interactions alimentaires
PERTURBATION DES EXAMENS DE LABORATOIRE
UTILISATION THERAPEUTIQUE
>
Utilisations thérapeutiques établies
>
Autres utilisations thérapeutiques publiées
MODALITES D'ADMINISTRATION
CONTRE-INDICATIONS
>
Contre-indications absolues
>
Contre-indications relatives
MODALITES DE SURVEILLANCE
>
Surveillance de base
>
Surveillance dans certaines situations
EFFETS INDESIRABLES
INTOXICATION AIGUE ET SURDOSAGE
>
Symptômes
>
Conduite à tenir
GROSSESSE
ALLAITEMENT
BIBLIOGRAPHIE
SPECIALITES CONTENANT CE PRINCIPE ACTIF
>
En constituant unique
>
En association
IDENTIFICATION [sommaire]
CAS : 29122-68-7
Classe ATC : C07AB03
Formule brute : C14 H22 N2
O3
Nom chimique :
2-{p[2-hydroxy-3-(isopropylamino)propoxy]phenyl}acetamide
Formule développée :
(source : base chemIDplus)
Autres dénominations :
ICI 66O82
Poids moléculaire : 266,3
PKa (constante de dissociation) : 9,6
CLASSE(S) CHIMIQUE(S)
[sommaire]
Acétamide
CLASSE(S) PHARMACOLOGIQUE(S)
[sommaire]
Bêtabloquant cardiosélectif Antihypertenseur Anti-angoreux Anti-arythmique
MECANISME D'ACTION
[sommaire]
L'aténolol est un antagoniste compétitif des
récepteurs bêta-adrénergiques. Il présente une
sélectivité bêta 1 (cardiosélectivité) et
n'affecte que peu les récepteurs bêta 2. Une étude récente (Baker, 2005) a montré sur des
récepteurs humains un rapport de sélectivité bêta
1/bêta 2 voisin de 4,7. Toutefois, en pratique, et comme plus
généralement avec les bêtabloquants dits
cardiosélectifs, cette sélectivité n'est réelle
qu'à faible dose. Á forte dose, l'aténolol peut bloquer les
récepteurs bêta 2, notamment bronchiques et vasculaires. L'aténolol est dépourvu d'activité
sympathomimétique intrinsèque et d'activité stabilisante
de membrane. Composé hydrophile, il ne franchit que peu la barrière
hémato-encéphalique et n'a donc pas ou peu d'effets centraux.
PHARMACOCINETIQUE
[sommaire]
> Absorption
L'absorption par le tractus digestif est rapide mais incomplète
(Fizgerald et al., 1978 ; Kirch et Görg,
1982). Un pic plasmatique voisin de 600 µg par litre est atteint 2
à 4 heures après une dose orale de 100 mg. La
biodisponibilité par voie orale est de l'ordre de 50 %. Elle est
réduite par la prise d'aliments. L'aténolol ne subit pas d'effet
de premier passage hépatique.
> Distribution
La liaison aux protéines plasmatiques est inférieure
à 5 %. L'aténolol est un composé hydrophile. Il ne
pénètre que peu dans les tissus et n'a qu'un faible volume de
distribution (0,7 litre/kg). Il ne franchit que peu la barrière
hémato-encéphalique et ses concentrations dans le liquide
céphalorachidien ne représentent que 1/5e des
concentrations plasmatiques. En revanche, l'aténolol passe dans le lait où les
concentrations peuvent être 3 à 5 fois supérieures aux
concentrations plasmatiques de la mère (cf. Allaitement).
L'aténolol franchit la barrière placentaire et les
concentrations foetales peuvent atteindre, voire dépasser les
concentrations maternelles. Le blocage de la tachycardie d'effort est corrélé aux
concentrations plasmatiques (Shanks et al., 1977). Les
concentrations actives sont voisines de 200 à 600 µg par litre. En
revanche, l'activité antihypertensive n'est pas corrélée
aux concentrations plasmatiques (Amery et al., 1977).
> Métabolisme
L'aténolol est un composé très peu
métabolisé. Moins de 10 % de la quantité absorbée
est transformée, notamment par hydroxylation.
> Demi-vie
La demi-vie est de 6 à 7 heures. Elle est augmentée en
cas d'insuffisance rénale et peut être supérieure à
100 heures en cas d'insuffisance rénale sévère
(McAinsh et al., 1980). La cinétique de l'aténolol n'est pas affectée en
cas d'insuffisance hépatique.
> Elimination
90 % de l'aténolol absorbé sont éliminés
par les urines sous forme inchangée.
INTERACTIONS MEDICAMENTEUSES ET ALIMENTAIRES
[sommaire]
> Interactions médicamenteuses
Compte tenu que 90 % de la dose sont éliminés sous forme
inchangée par les urines, l'aténolol n'est pas sujet à des
interactions avec des composés interférant avec le
métabolisme hépatique. L'administration d'antiacides diminue
l'absorption digestive de l'aténolol (Kirch et al., 1981 ;
Regardh et al., 1981), mais cette interaction
pharmacocinétique ne semble pas cliniquement significative. En revanche, des interactions pharmacodynamiques, liées
à son activité cardiodépressive et au risque d'effet
additif avec d'autres composés cardiodépresseurs, peuvent avoir
d'importantes conséquences hémodynamiques (Blaufarb et al.,
1995 ; Revue Prescrire, 2005). C'est le cas en particulier avec le vérapamil dont
l'association peut être à l'origine d'une défaillance
cardiaque par effet additif de leurs activités dépressives sur
l'automatisme, la conduction et la contractilité cardiaque. Le risque
est accru en cas de dysfonction ventriculaire gauche pré-existante.
L'association nécessite une surveillance clinique et
électrocardiographique étroite, en particulier chez le sujet
âgé ou en début de traitement. Il en est de même avec
le bépridil et le diltiazem. Le risque de défaillance cardiaque
est moindre avec les inhibiteurs calciques de structure dihydropyrimidiniques
(type nifédipine) avec une possible hypotension excessive. L'association avec des antiarythmiques de classe I (disopyramide,
propafénone ou quinidiniques), ainsi qu'avec l'amiodarone, en supprimant
les mécanismes sympathiques compensateurs, peut également
entraîner une défaillance cardiaque et nécessite une
surveillance clinique et électrocardiographique. L'administration de l'aténolol peut favoriser l'apparition
d'une bradycardie excessive lors de son association à d'autres
médicaments bradycardisants, tels que les anticholinestérasiques
et de graves troubles du rythme ventriculaire, voire de torsades de pointes,
lors de l'association avec des médicaments hypokaliémiants ou
avec des médicaments qui allongent l'intervalle QT. Dans ce cadre,
l'association de l'aténolol et du sultopride est
contre-indiquée. Un effet dépresseur additif sur la conduction
auriculoventriculaire pourrait s'observer lors de l'association aux
digitaliques. Par ailleurs, l'aténolol, en bloquant les mécanismes
sympathiques compensateurs, potentialise l'activité hypotensive et
cardiodépressive des anesthésiques généraux
incluant les anesthésiques volatils halogénés. Toutefois,
l'arrêt brutal du bêtabloquant doit être évité,
mais l'anesthésiste doit être informé de sa prise. De même, le blocage bêta-adrénergique, en
réduisant les phénomènes cardiovasculaires de
compensation, peut aggraver l'hypotension artérielle induite par des
médicaments à l'origine de choc anaphylactique, telle la
floctafénine, et peut réduire la réponse à
l'injection d'adrénaline. L'association à la floctafénine
constitue une contre-indication. Par un effet additif, certains médicaments (neuroleptiques,
antidépresseurs imipraminiques, antihypertenseurs alphabloquants,
alphabloquants à visée urologique et l'amifostine) peuvent
majorer l'effet antihypertenseur de l'aténolol avec un risque
d'hypotension orthostatique. Une hypotension artérielle est également observée
lors de l'association d'aténolol et de baclofène ou de
dipyridamole par voie IV. En effet, le dipyridamole augmente les taux
plasmatiques de l'adénosine et peut donc majorer l'effet
antihypertenseur de médicaments abaissant la pression
artérielle. Á l'inverse, l'arrêt brutal d'un traitement par la clonidine (ou
autres antihypertenseurs centraux) chez un patient sous bêtabloquant peut
être à l'origine d'une hypertension artérielle
sévère. Une réduction progressive de la posologie de la
clonidine doit être respectée. L'indométacine, et par extension les autres AINS, en inhibant
la synthèse des prostaglandines vasodilatatrices au niveau rénal,
réduirait l'activité antihypertensive des bêtabloquants.
Cependant, l'effet serait le plus souvent peu marqué. L'utilisation d'un bêtabloquant chez un diabétique
traité (insuline ou hypoglycémiants oraux), peut masquer certain
signes annonciateurs de l'hypoglycémie (tremblements et tachycardie)
entraînant une aggravation de l'hypoglycémie. Toutefois, l'effet
serait moins marqué avec un bêtabloquant cardiosélectif
qu'avec un bêtabloquant non cardiosélectif.
> Interactions alimentaires
Aucune interaction alimentaire cliniquement significative n'est
actuellement répertoriée avec l'aténolol. Cependant, une
étude récente montre que le jus d'orange diminuerait l'absorption
gastro-intestinale du bêtabloquant (Lilja et al.,
2005).
PERTURBATION DES EXAMENS DE LABORATOIRE
[sommaire]
Aucune interférence n'a été rapportée.
UTILISATION THERAPEUTIQUE
[sommaire]
> Utilisations thérapeutiques établies
Hypertension artérielle
Le traitement médicamenteux de l'hypertension
artérielle est réservé aux sujets ne répondant pas
ou incomplètement à des mesures générales
(notamment régime sans sel, réduction pondérale, exercice
physique modéré et régulier). L'aténolol est
utilisé dans le traitement de l'hypertension artérielle, soit en
monothérapie, comme traitement de première intention ou de
deuxième intention, en cas d'inefficacité ou
d'intolérance d'un premier médicament, soit en association avec
d'autres thérapeutiques antihypertensives (diurétiques notamment
thiazidiques, inhibiteurs de l'enzyme de conversion de l'angiotensine,
inhibiteurs calciques, etc.) afin d'obtenir un effet antihypertenseur additif
(Wadworth et al., 1991). L'efficacité antihypertensive de l'aténolol en
monothérapie est démontrée, la réduction de la
pression artérielle systolique et diastolique étant du même
ordre que celle obtenue avec les autres classes principales
d'antihypertenseurs. Néanmoins, le bénéfice clinique de
l'aténolol en terme de prévention des accidents cardio et
cérébrovasculaires et de diminution de la mortalité
d'origine vasculaire est controversé, l'aténolol paraissant
inférieur à d'autres classes d'antihypertenseurs et
associé à une proportion plus importante d'effets
indésirables (Carlberg et al., 2004). De ce fait, son usage
en tant que traitement de première intention de l'hypertension
artérielle a été remis en cause, notamment chez le sujet
âgé (Grossman et Messerli, 2002 ; Messerli et
al. 2003). En cas d'hypertension artérielle au cours de la grossesse, le
choix de l'antihypertenseur reste discuté (Montan, 2004).
Bien qu'efficace en terme de diminution de la pression artérielle,
l'aténolol réduirait le poids de naissance de l'enfant
(Magee, 2001). Cf. Grossesse.
Insuffisance coronarienne
Plusieurs situations doivent être distinguées.
Angor stable : le traitement par l'aténolol
réduit la fréquence des crises d'angor et des épisodes
d'ischémie myocardique non douloureux (Wadworth et al.,
1991). Il est souvent associé à d'autres
médicaments comme les dérivés nitrés ou les
inhibiteurs calciques, ce qui peut exposer à certaines interactions
pharmacodynamiques (cf. Interactions médicamenteuses).
Syndrome coronaire aigu sans sus-décalage du segment ST
(angor instable) : le malade doit être pris en charge le plus
rapidement possible par une unité cardiologique
spécialisée. Le traitement bêtabloquant, notamment
l'aténolol, fait alors partie intégrante des procédures
thérapeutiques incluant notamment une association
d'anti-agrégants plaquettaires (aspirine et/ou clopidogrel, inhibiteurs
de glycoprotéines IIb-IIIa) et d'anticoagulants (héparine de bas
poids moléculaire) suivie éventuellement de procédures de
reperfusion coronaire (angioplastie et endoprothèses coronaires). Dans
ce cadre, en l'absence de contre-indication (notamment d'insuffisance cardiaque
décompensée), l'aténolol doit être administré
le plus tôt possible après le début des
symptômes.
Syndrome coronaire aigu avec sus-décalage du segment ST et
infarctus du myocarde : le malade doit être pris en charge le plus
rapidement possible par une unité cardiologique
spécialisée. La priorité est alors la reperfusion
coronaire, par angioplastie ou par thrombolyse. L'administration
d'anticoagulants et d'anti-agrégants plaquettaires est
généralement associée selon des protocoles variables. En
l'absence de contre-indication (notamment d'insuffisance cardiaque
décompensée), l'aténolol doit être administré
le plus tôt possible après le début des symptômes,
par voie intraveineuse initialement ou d'emblée (Pfisterer et al.,
1998) par voie orale (cf. Modalités d'administration). Il a
été démontré que l'administration de
bêtabloquant à la phase aiguë de l'infarctus du myocarde
réduit l'incidence des troubles graves du rythme ventriculaire, la
mortalité initiale et le risque de récidive, mais ces
résultats ont été établis avant l'ère des
procédures de reperfusion coronaire (Collaborative Group,
1986).
Trouble du rythme cardiaque
L'aténolol est rarement le traitement de première
intention. Il est cependant utilisé dans différentes indications
:
Arythmies supraventriculaires : traitement
préventif ou curatif des crises de tachycardie supraventriculaire
paroxystique ou de tachycardie jonctionnelle ; l'aténolol est
également utilisé en cas de fibrillation ou de flutter
auriculaires en cas de contre-indication aux digitaliques ou de réponse
insuffisante à une dose maximale de ces médicaments
(Wadworth et al., 1991). Arythmies ventriculaires, en particulier lorsque l'anomalie
ventriculaire résulte d'une activité sympathique importante
: traitement préventif et curatif des extrasystoles ventriculaires ;
traitement préventif des épisodes de tachycardie ventriculaire et
de fibrillation ventriculaire, notamment dans le cadre d'un syndrome coronaire
aigu.
> Autres utilisations thérapeutiques publiées
Insuffisance cardiaque modérée
En l'absence de contre-indication, l'administration d'un
bêtabloquant comme l'aténolol, en association avec d'autres
médicaments (diurétiques, inhibiteurs de l'enzyme de conversion
de l'angiotensine, etc.), chez des sujets atteints d'insuffisance cardiaque
compensée, a un effet bénéfique sur les symptômes
cliniques et réduit la mortalité d'origine cardiovasculaire
(Van Campen, 1998). Hors AMM en France. Du fait du risque de décompensation de l'insuffisance
cardiaque, cette prescription relève uniquement d'un milieu
spécialisé, nécessitant l'utilisation d'une posologie
initiale faible, une augmentation progressive de celle-ci et une surveillance
clinique spécialisée. En revanche, l'aténolol reste
contre-indiqué en cas d'insuffisance cardiaque décompensée
(cf. Contre-indications).
Syncope vagale
En cas de syncope vagale, l'administration d'aténolol
pourrait réduire la fréquence des récidives
(Calkins, 1999 ; Lamarre-Cliche, 2002). Hors AMM en
France.
Migraine
L'aténolol a été proposé comme
traitement préventif des crises de migraine (Becker, 1999).
Son usage est cependant moins validé que celui du propranolol. Hors AMM
en France.
Syndrome de sevrage de l'alcool
L'aténolol a été proposé dans cette
indication pour réduire la tachycardie, l'hypertension artérielle
et l'anxiété liées au sevrage. Il doit cependant toujours
être associé aux benzodiazépines du fait de son absence
d'effet préventif du delirium tremens et des crises convulsives
(Horwitz et al., 1989). Hors AMM en France.
MODALITES D'ADMINISTRATION
[sommaire]
L'aténolol est utilisable par voie orale ou intraveineuse.
Adulte
Hypertension artérielle : le traitement est
habituellement débuté par 50 mg par jour d'aténolol par
voie orale. L'effet antihypertenseur peut demander une à deux semaines
avant de se manifester. La posologie moyenne est de 100 mg par jour, en une
seule prise de préférence le matin. En cas d'efficacité
insuffisante, l'augmentation de la posologie n'apporte pas de
bénéfice et un autre médicament doit être
substitué ou associé à l'aténolol.
Prophylaxie des crises d'angor d'effort : le traitement est
habituellement débuté par 50 mg par jour. La posologie moyenne
est de 100 mg par jour en une seule prise, mais peut être parfois
augmentée jusqu'à 200 mg par jour.
Syndrome coronaire aigu : lorsque l'utilisation initiale de
la voie intraveineuse est requise, il est conseillé d'administrer 2,5
à 5 mg d'aténolol en perfusion ou IV lente en 2 à 5
minutes, éventuellement renouvelés toutes les 5 à 10
minutes si la tolérance est satisfaisante, jusqu'à une dose
cumulée de 10 mg. L'administration d'aténolol par voie orale est
débutée 15 minutes après la fin de l'injection
intraveineuse ou d'emblée chez les malades ne requérant pas la
voie veineuse : 50 mg immédiatement, 50 mg 12 heures plus tard, 100 mg
à la 24e heure, puis 100 mg une fois par jour jusqu'au
10e jour.
Troubles du rythme cardiaque : après contrôle
éventuel du trouble du rythme par l'aténolol intraveineux (dose
maximale de 10 mg en 15-20 minutes selon le protocole ci-dessus), la dose
d'entretien recommandée est de 50 à 100 mg par jour par voie
orale. En cas de fibrillation auriculaire ou de flutter réfractaires
à la digoxine, l'aténolol peut être utilisé à
la posologie de 25 à 50 mg par jour en une prise.
Sujet âgé de plus de 65 ans
La posologie est identique à celle de l'adulte de moins de 65
ans sous réserve de la normalité de la fonction rénale
(voir ci-dessous).
Insuffisance rénale
Du fait de l'élimination rénale quasi exclusive de
l'aténolol, la posologie doit être réduite en cas
d'altération de la fonction rénale en suivant les recommandations
suivantes : - si clairance de la créatinine supérieure ou égale à 35 ml/m2
(créatininémie inférieure ou égale à 300 µmol/l) : pas d'adaptation posologique
; - si clairance de la créatinine comprise entre 15 ml/m2 et 35 ml/m2
(créatininémie comprise entre 300 et 600 µmol/l) : 50 % de
la posologie quotidienne ; - si clairance de la créatinine inférieure à 15 ml/m2
(créatininémie supérieure à 600 µmol/l) : 25 % de la posologie
quotidienne.
Hémodialyse
La posologie recommandée est de 50 mg après chaque
séance d'hémodialyse (Horl et Horl, 2004).
Insuffisance hépatique
Du fait de l'absence de métabolisme hépatique, aucune
adaptation posologique n'est nécessaire.
Enfant et adolescent
L'utilisation de l'aténolol n'est pas validée chez
l'enfant, l'expérience clinique étant très
limitée.
CONTRE-INDICATIONS
[sommaire]
> Contre-indications absolues
Bloc auriculoventriculaire du 2e ou
3e degré non appareillé.
Bradycardie sinusale sévère (inférieure à 45-50
battements par minute).
En particulier dans le cadre d'une dysfonction sinusale ou d'un bloc
sino-auriculaire.
Insuffisance cardiaque décompensée (non
contrôlée par le traitement).
Asthme et bronchopneumopathie chronique obstructive
sévère.
Á forte posologie (100 mg par jour ou plus), la
sélectivité de l'aténolol pour les récepteurs
béta 1 s'estompe et le blocage des récepteurs béta 2
bronchiques est possible.
Hypotension artérielle.
Choc cardiogénique.
Hypersensibilité à l'aténolol.
Antécédent de choc anaphylactique.
En cas de récidive, la sévérité du choc
peut être augmentée et l'efficacité du traitement par
vasopresseurs est susceptible d'être fortement réduite
(Javeed et al., 1996).
Syndrome de Raynaud et troubles artériels
périphériques sévères.
Les bêtabloquants peuvent entraîner une aggravation des
manifestations cliniques de ces affections.
> Contre-indications relatives
Insuffisance cardiaque compensée (ou
contrôlée par le traitement).
L'usage de l'aténolol est possible dans cette situation mais
nécessite l'utilisation d'une faible posologie initiale et une
évaluation de la tolérance cardiaque avant toute augmentation
posologique.
Bloc auriculoventriculaire du 1er degré.
Étant donné leur effet dromotrope négatif, les
bêtabloquants doivent être administrés avec prudence en cas
de bloc auriculoventriculaire du 1er degré.
Angor de Prinzmetal.
Les bêtabloquants peuvent augmenter le nombre et la
durée des crises. L'utilisation d'un bêtabloquant
cardiosélectif est possible en cas de forme modérée,
à la condition d'administrer conjointement un inhibiteur calcique.
Phéochromocytome (non traité).
Allaitement.
L'aténolol passe dans le lait et de rares effets
indésirables ont été rapportés chez le
nouveau-né (Ito, 2000). Cf.
Allaitement.
MODALITES DE SURVEILLANCE
[sommaire]
> Surveillance de base
En pratique, la mesure régulière de la fréquence
cardiaque au repos est habituellement suffisante pour évaluer
l'intensité du bêtablocage et détecter une bradycardie
excessive (inférieure à 50-55 battements par minute). Le traitement ne doit jamais être interrompu brutalement, en
particulier chez les patients atteints de cardiopathie ischémique en
raison du risque d'angor, de trouble grave du rythme cardiaque (arythmie
ventriculaire), d'infarctus du myocarde ou de mort subite. Lorsqu'il est nécessaire d'interrompre le traitement, la
posologie doit être diminuée progressivement en une à deux
semaines, en commençant simultanément le traitement de
remplacement éventuel.
> Surveillance dans certaines situations
Sujet âgé de plus de 65 ans
L'utilisation est identique à celle de l'adulte de moins de
65 ans. L'évaluation initiale et la surveillance régulière
de la fonction rénale permettent d'adapter éventuellement la
posologie.
Insuffisance rénale
Du fait de l'élimination rénale quasi exclusive de
l'aténolol, la posologie doit être adaptée en cas
d'altération de la fonction rénale. De ce fait, la surveillance
régulière de la fonction rénale est requise.
Anesthésie générale
Les bêtabloquants entraînent une diminution de la
tachycardie réflexe et une augmentation du risque d'hypotension
artérielle per-opératoires, mais diminuent le risque d'arythmie,
d'ischémie myocardique et de poussée hypertensive. Le médecin anesthésiste doit toujours être
prévenu de l'administration d'un traitement bêtabloquant avant
l'intervention afin de déterminer s'il est nécessaire
d'interrompre ou non le traitement et d'adapter les modalités
d'anesthésie et de surveillance per et post-opératoire.
Diabète
Chez les malades traités par l'insuline ou les sulfamides
hypoglycémiants, l'administration d'un bêtabloquant peut masquer
les signes annonciateurs d'une hypoglycémie, principalement la
tachycardie et les palpitations. Ce risque existe surtout en cas de forte
posologie d'aténolol. Le malade doit être prévenu de ce
risque et l'autosurveillance glycémique renforcée.
Asthme et bronchopneumopathie chronique
obstructive
La surveillance de l'état respiratoire est
nécessaire. Le malade doit être averti du risque de bronchospasme
et des signes cliniques annonciateurs.
Insuffisance cardiaque compensée
La surveillance de la fonction cardiaque est nécessaire. Le
malade doit être averti du risque et des signes cliniques annonciateurs
d'une poussée d'insuffisance cardiaque.
Allergie sévère
Chez les sujets susceptibles de faire une réaction
anaphylactique sévère, quelle qu'en soit l'origine, le traitement
bêtabloquant peut entraîner une aggravation des symptômes et
une résistance au traitement par l'adrénaline.
Hyperthyroïdie et thyrotoxicose
Les bêtabloquants sont susceptibles de masquer les signes
cardiovasculaires, notamment la tachycardie.
Psoriasis
Des cas d'aggravation attribués à l'aténolol
ont été rapportés.
Sportifs
L'aténolol peut induire une réaction positive des
tests pratiqués lors des contrôles antidopage.
Informer le patient :
|
Les sujets traités par aténolol doivent être
informés des risques encourus en cas d'arrêt brutal du traitement
(angor, infarctus du myocarde, trouble grave du rythme cardiaque, mort subite).
Ces risques sont plus importants chez les sujets atteints de cardiopathie
ischémique. Les sujets diabétiques traités par l'insuline ou
les sulfamides hypoglycémiants doivent être avertis du risque de
diminution des signes annonciateurs d'hypoglycémie. Les sujets allergiques susceptibles de faire un choc
anaphylactique doivent être informés du risque de
sévérité accrue du choc et des difficultés du
traitement. Enfin, en cas d'anesthésie générale, les
malades doivent être avertis de l'importance d'informer le médecin
anesthésiste de la prise du bêtabloquant. Dans les cas où l'arrêt du
traitement est jugé nécessaire avant l'intervention, celui-ci doit
être progressif et sous contrôle médical.
|
| Pr J.-C. Trinchet, Paris XIII |
EFFETS INDESIRABLES
[sommaire]
Les arrêts de traitement liés aux effets
indésirables concernent 2 à 3 % des sujets traités. Les effets indésirables les plus fréquemment
rapportés sont les suivants :
- Asthénie.
Chez environ 20 % des sujets traités.
- Refroidissement des extrémités.
Chez environ 15 % des sujets traités.
- Hypotension artérielle orthostatique.
Chez environ 3 % des sujets traités.
- Insuffisance cardiaque.
Surtout en cas de forte posologie. Il s'agit généralement
de la décompensation d'une insuffisance cardiaque compensée.
- Bradycardie sinusale.
Chez environ 3 % des sujets traités.
- Bloc auriculoventriculaire.
Il survient pratiquement toujours sur un trouble de conduction
sous-jacent, en début de traitement, même à dose
faible.
- Bloc sino-auriculaire.
Il survient pratiquement toujours sur un trouble de conduction
sous-jacent.
- Phénomène de rebond.
Á l'arrêt brutal du traitement, en particulier chez les
insuffisants coronariens, avec risques d'aggravation de l'angor, de syndrome
coronaire aigu, de trouble du rythme paroxystique, et de mort subite.
- Troubles digestifs.
Épigastralgies, nausées, vomissements, diarrhée, ont
été rapportés chez environ 3 % des sujets
traités.
- Impuissance et diminution de la libido.
Surviendrait chez environ 2 à 3 % des sujets. Les pourcentages
plus élevés qui ont été rapportés pourraient
être en rapport avec un effet nocebo lié à l'information du
malade concernant la possibilité de survenue de cet effet
(Silvestri et al., 2003). Plus rarement, ont été rapporté les effets indésirables suivants :
- Bronchospasme.
Moins fréquent qu'avec les bêtabloquants non cardiosélectifs, cet effet a été rapporté, surtout en cas de forte posologie d'aténolol (plus de 100 mg/jour).
- Anticorps sériques antinucléaires ou syndrome lupique.
La présence d'anticorps sériques ne s'accompagne qu'exceptionnellement de manifestations cliniques (syndrome lupique). Un cas réversible à l'arrêt du traitement et positif lors d'une réintroduction a été rapporté (Mc Guiness et al., 1997)
- Troubles du sommeil.
Insomnie et cauchemars ont été rapportés avec l'aténolol. Ils sont néanmoins plus rares qu'avec les bêtabloquants liposolubles (Aust Adv Drug React Bull, 2000).
- Vertiges.
- Syndrome dépressif.
- Éruption cutanée.
- Psoriasis (aggravation).
INTOXICATION AIGUE ET SURDOSAGE
[sommaire]
L'aténolol est un bêtabloquant non liposoluble, cardiosélectif aux posologies usuelles, dépourvu d'effet stabilisant de membrane. Sa toxicité est essentiellement cardiaque et apparaît être moins importante que celle des autres bêtabloquants (Reith et al., 1996). La dose toxique n'est pas connue. Un décès a été rapporté après une ingestion de 10 g d'aténolol ; des survies ont été rapportées après l'ingestion de 5 et 6 g (Brody, 2004).
> Symptômes
Après une ingestion aiguë, les signes cliniques apparaissent dans les 2 à 4 heures. Les symptômes sont presque exclusivement cardiaques : le patient intoxiqué présente habituellement une bradycardie sinusale, une hypotension artérielle et un bloc auriculoventriculaire. Des complications rythmiques ventriculaires et hémodynamiques (choc réfractaire) peuvent conduire au décès. La gravité de l'intoxication peut être majorée par la co-ingestion d'autres cardiotropes. Une dépression respiratoire modérée avec de discrets troubles de conscience ont été exceptionnellement rapportés ; il n'a pas été rapporté de convulsions comme avec d'autres bêtabloquants. L'aténolol n'est pas recherché en routine. Le dosage chromatographie liquide haute pression / détection par fluorescence ou capture d'électron (Baselt, 2004), ne permettrait que la confirmation de l'intoxication : il n'y a pas de corrélation clinicobiologique.
> Conduite à tenir
La prise en charge est médicalisée dès la découverte du patient intoxiqué, avant tout du fait des risques cardiaques, et du risque, très rare, de dépression respiratoire. Le patient est monitoré de façon conventionnelle ; l'électrocardiogramme et la pression artérielle sont surveillés. Du charbon activé est administré à la dose unique de 1 g par kilo. Le traitement est symptomatique (oxygénation, remplissage en cas d'hypotension artérielle). Les antidotes "physiopathologiques conventionnels" (atropine, isoprénaline à fortes doses) sont peu efficaces dans les intoxications graves. La dobutamine est utilisée titrée à forte dose. En l'absence d'effet, le glucagon est associé, à fortes doses, pour son effet inotrope positif en agissant directement sur l'adénylate cyclase (DeWitt et Waksman, 2004). Actuellement, bien que les bases physiopathologiques ne soient pas entièrement comprises, l'utilisation de l'association insuline-glucose est suggérée ; elle reste à valider. Au-delà de la correction de désordres métaboliques, l'insuline a une action inotropique positive ; le calcium entre, en même temps que le glucose et le potassium, à l'intérieur de la cellule ; l'apport de glucose permet de maintenir l'équilibre glycémique. En cas de choc réfractaire, une assistance circulatoire périphérique peut permettre à l'intoxiqué de passer un cap (Baud, 2005). Compte tenu des données pharmacocinétiques, une épuration extra-rénale peut être envisagée chez l'intoxiqué insuffisant rénal.
L'avis du toxicologue
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L'intoxication par bêtabloquant est une intoxication par cardiotrope potentiellement grave. Trompeuse à sa phase initiale par le délai d'apparition des symptômes et par l'absence habituelle de troubles de conscience, elle requiert dans tous les cas une prise en charge médicalisée et une hospitalisation en service spécialisé. Á côté des thérapeutiques connues (atropine, isoprénaline, amines pressives, glucagon), d'autres thérapeutiques sont en cours d'évaluation : l'association insuline-glucose en perfusion ; l'assistance circulatoire par circulation extracorporelle, réservée aux intoxications graves avec état de choc réfractaire.
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| Docteur P. Saviuc et Professeur V. Danel, Grenoble |
GROSSESSE
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Données à prendre en compte :
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Dans l'espèce humaine, aucun effet malformatif particulier n'a été signalé à ce jour avec les bêtabloquants, incluant l'aténolol, et les résultats d'études prospectives contrôlées concernant l'utilisation d'un bêtabloquant pendant la grossesse n'ont pas mis en évidence d'augmentation du risque malformatif. Cependant, plusieurs études sont en faveur d'une plus grande fréquence des retards de croissance et des faibles poids de naissance avec l'aténolol (comparé à un autre bêtabloquant ou un placebo), en particulier en cas de traitement prolongé ayant été débuté au premier trimestre (Lardoux, 1983, Dubois, 1983, Butters, 1990, Lip, 1997, Lydakis, 1999,Magee, 2001, Bayliss, 2002). Ceci s'expliquerait par les modifications hémodynamiques placentaires induites par l'aténolol, qui augmenterait les résistances vasculaires périphériques et diminuerait le flux sanguin foetal. Mais ce risque n'est pas systématiquement retrouvé par tous les auteurs (Rubin, 1983). Il semble dépendre de la période et de la durée du traitement, de la dose d'aténolol utilisée et de la pathologie ayant motivé sa prescription. L'aténolol peut donc être prescrit pendant la grossesse si besoin, mais une surveillance attentive de la croissance foetale est recommandée. Si l'aténolol est poursuivi jusqu'à l'accouchement, les risques sont les mêmes qu'avec les autres bêtabloquants, à savoir une bradycardie, des hypoglycémies, voire, exceptionnellement, une défaillance cardiaque en cas de forte posologie. Par conséquent, une prise en charge néonatale par une équipe pédiatrique et une surveillance néonatale attentive (fréquence cardiaque, glycémie, pression artérielle) pendant les 3 à 4 premiers jours de vie sont recommandés.
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| Dr A.-P. Jonville-Béra, Tours |
ALLAITEMENT
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L'aténolol passe dans le lait maternel. Bien que les quantités ingérées quotidiennement par le nouveau-né restent très faibles, des effets indésirables ont été ponctuellement rapportés (Ito, 2000). Des nouveau-nés de mères traitées par l'aténolol durant l'allaitement peuvent être exposés à des risques d'hypoglycémie et de bradycardie. De ce fait, l'allaitement est contre-indiqué chez une femme traitée par l'aténolol.
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SPECIALITES CONTENANT CE PRINCIPE ACTIF
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Source VIDAL : décembre 2005
> Spécialités contenant ce principe actif en constituant unique
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> Spécialités contenant ce principe actif en association
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DEFINITION
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Utilisations thérapeutiques établies :
Le caractère établi reflète l'état de la littérature scientifique et l'opinion des auteurs. Il peut donc sortir du cadre de l'AMM (autorisation de mise sur le marché) en France ou ailleurs.
Contre-indications relatives (à évaluer en fonction de la balance bénéfice/risque) :
Les contre-indications relatives regroupent les situations dans lesquelles la prescription est possible sous réserve de respecter éventuellement des règles de surveillance et/ou d'adaptation posologique.
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Si vous êtes un particulier, ne prenez aucune décision concernant
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Comité éditorial de la lettre "En substance"
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