>> PAROXÉTINE
mars 2005
IDENTIFICATION
CLASSE(S) CHIMIQUE(S)
CLASSE(S) PHARMACOLOGIQUE(S)
MECANISME D'ACTION
PHARMACOCINETIQUE
>
Absorption
>
Distribution
>
Métabolisme
>
Demi-vie
>
Elimination
INTERACTIONS MEDICAMENTEUSES ET ALIMENTAIRES
>
Interactions médicamenteuses
>
Interactions alimentaires
PERTURBATION DES EXAMENS DE LABORATOIRE
UTILISATION THERAPEUTIQUE
>
Utilisations thérapeutiques établies
>
Autres utilisations thérapeutiques publiées
MODALITES D'ADMINISTRATION
CONTRE-INDICATIONS
>
Contre-indications absolues
MODALITES DE SURVEILLANCE
>
Surveillance de base
>
Surveillance dans certaines situations
EFFETS INDESIRABLES
INTOXICATION AIGUE ET SURDOSAGE
>
Symptômes
>
Conduite à tenir
GROSSESSE
ALLAITEMENT
PHARMACODEPENDANCE
BIBLIOGRAPHIE
SPECIALITES CONTENANT CE PRINCIPE ACTIF
>
En constituant unique
IDENTIFICATION [sommaire]
CAS : 78246-49-8
Classe ATC : N06AB05
Formule brute : C19H20FNO3,HCl
Nom chimique :
(-)-trans-5-(4-p-fluorophényl-3
-pipéridylméthoxy)-1,3-benzodiozole chlorhydrate
Formule développée :

Autres dénominations :
BRL 29060A
Poids moléculaire : 365 (sel) et 329 (base)
PKa (constante de dissociation) : 9,9
CLASSE(S) CHIMIQUE(S)
[sommaire]
phénylpypéridine
CLASSE(S) PHARMACOLOGIQUE(S)
[sommaire]
Antidépresseur Inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine
MECANISME D'ACTION
[sommaire]
La paroxétine augmente la neurotransmission
sérotoninergique en inhibant sélectivement le transporteur
responsable de la recapture de la sérotonine. Le délai de
plusieurs semaines séparant l'instauration du traitement et l'apparition
de l'activité antidépressive serait dû à des
phénomènes d'adaptation de cette neurotransmission. Ces
phénomènes consisteraient en une désensibilisation
progressive d'autorécepteurs sérotoninergiques (à la fois
récepteurs somatodendritiques et récepteurs présents sur
les terminaisons) contrôlant négativement la libération de
sérotonine. La désensibilisation de ces récepteurs
inhibiteurs induirait une augmentation de la libération de
sérotonine dans la fente synaptique. La paroxétine n'a que peu d'affinité pour les
transporteurs de la noradrénaline ou de la dopamine. Elle n'a
également qu'une faible affinité pour les récepteurs
cholinergiques muscariniques, ce qui contribue à sa meilleure
tolérance par rapport aux antidépresseurs tricycliques. Elle n'a
qu'une affinité négligeable pour les récepteurs alpha-2 et
bêta-adrénergiques, dopaminergiques D2,
histaminergiques H1 et sérotoninergiques
5HT2. La paroxétine est dépourvue d'effets
hémodynamiques et électrophysiologiques cardiaques cliniquement
significatifs. La paroxétine réduit et retarde les phases de sommeil
paradoxal mais n'affecterait pas les autres paramètres du sommeil. Elle
n'a que peu d'effet sur l'activité psychomotrice et ne potentialise pas
les effets de l'alcool. Elle n'exercerait pas d'effets neuroendocriniens (Gunasekara et al., 1998 ; Prakash
et Foster, 1999).
PHARMACOCINETIQUE
[sommaire]
> Absorption
Après administration par voie orale, l'absorption est
complète et n'est pas affectée par la prise de nourriture ou
d'anti-acides. La concentration plasmatique maximale (C max) est atteinte en
moyenne en 5 heures avec une importante variabilité interindividuelle
(30 minutes à 11 heures). La paroxétine est soumise à un effet de
premier passage hépatique saturable et variable selon les individus : après une dose de 20 mg, la C max varie de 0,8 à 32
µg/l.
> Distribution
La paroxétine, très lipophile, diffuse
largement dans l'organisme. Son volume de distribution varie de 3 à 28
l/kg. Sa liaison aux protéines plasmatiques est voisine de 95 %. Il
n'existerait pas de corrélation entre la concentration plasmatique et
l'activité clinique. Après une prise de 50 mg, la concentration dans le lait est voisine des concentrations plasmatiques. Toutefois, les quantités
ingérées par l'enfant ne représenteraient que 1 % de la
dose administrée à la mère et ne semblent pas être
à l'origine d'effets indésirables (Begg et
al., 1999 ; Ohman et al., 1999).
> Métabolisme
La paroxétine est fortement métabolisée au niveau
du foie en métabolites inactifs par oxydation et méthylation puis
formation de dérivés glucuro et sulfoconjugués. Son
métabolisme fait intervenir différentes voies, tout
particulièrement le CYP 2D6 dont le fonctionnement est saturable et
responsable d'une cinétique non linéaire. Le polymorphisme du CYP
2D6 est à l'origine de l'existence de métaboliseurs lents et de
métaboliseurs rapides.
> Demi-vie
La demi-vie est voisine de 24 heures avec une importante
variabilité interindividuelle. Elle est allongée chez le sujet
âgé ainsi qu'en cas d'insuffisance rénale
sévère ou de cirrhose. L'élimination serait en revanche
plus rapide chez les enfants et chez les adolescents avec une demi-vie voisine
de 11 heures (Findling et al., 1999).
> Elimination
La paroxétine est éliminée sous forme de
métabolites, dont 64 % de la dose administrée par les urines et
36 % par les fèces.
INTERACTIONS MEDICAMENTEUSES ET ALIMENTAIRES
[sommaire]
> Interactions médicamenteuses
La paroxétine peut entraîner des interactions
pharmacodynamiques liées à sa capacité à inhiber la
recapture de la sérotonine pouvant induire un syndrome
sérotoninerqique, et d'interactions pharmacocinétiques via l'inhibition marquée du CYP
2D6 impliqué dans le métabolisme de nombreux composés
(Gunasekara et al., 1998 ; Prakash et Foster, 1999 ; Wagstaff
et al., 2002).
Interactions pharmacodynamiques avec les inhibiteurs de la
monoamine oxydase (IMAO)
La paroxétine associée aux IMAO expose au risque de
survenue d'un syndrome sérotoninergique. Ce syndrome associe,
simultanément ou séquentiellement, un ensemble de symptômes
neurologiques (agitation, confusion mentale, hypomanie, éventuellement
coma, myoclonies, tremblements, hyperréflexie, hypertonie),
cardiovasculaires (hypotension ou hypertension artérielle,
tachycardie), et généraux (fièvre, frissons, sueurs,
diarrhée). L'intensité de ces manifestations peut menacer la vie. L'arrêt du ou
des médicaments en cause est indispensable. L'association avec un IMAO non sélectif (comme l'iproniazide)
est contre-indiquée. Un délai d'au moins 14 jours doit être respecté
après l'arrêt de l'IMAO avant de débuter un traitement par
la paroxétine. Un délai de 14 jours doit également
être respecté pour l'introduction de l'IMAO après
l'arrêt d'un traitement par la paroxétine. L'association d'un IMAO sélectif A (moclobémide) est déconseillée et ne se fera que sous
surveillance clinique très étroite les premiers jours, en milieu
hospitalier.
Autres interactions pharmacodynamiques
L'association de la paroxétine au lithium, au millepertuis ou
au tramadol exposerait également à un syndrome
sérotoninergique. Elle nécessite une surveillance clinique
régulière. La co-administration paroxétine-linézolide est
déconseillée en raison du risque de syndrome
sérotoninergique. Des cas de syndromes sérotoninergiques ont été
également rapportés lors de l'association de la paroxétine
à la trazodone, à la néfazodone, au dextromethorphane, au
paracétamol, à la doxylamine et à la
pseudoéphédrine, d'où la nécessité d'une surveillance clinique. L'association au sumatriptan ou d'autres triptans présente un
risque potentiel d'hypertension artérielle, de vasoconstriction
coronaire et de syndrome sérotoninergique.
Interactions phamacocinétiques avec les
médicaments métabolisés par le CYP 2D6
La paroxétine, en inhibant le CYP 2D6, peut être
à l'origine de l'augmentation des concentrations plasmatiques des
composés métabolisés par cette voie, dont des
antidépresseurs (nortriptyline, amitriptyline, imipramine, desimipramine
et fluoxétine) et des antiarythmiques (propafénone,
flécaïnide et encaïnide). L'association à la thioridazine est contre-indiquée en
raison de risques de survenue de troubles du rythme cardiaque graves,
potentiellement mortels, du fait de l'augmentation des concentrations
plasmatiques de thioridazine. Par le même mécanisme, la paroxétine peut
entraîner d'importantes élévations des concentrations
plasmatiques de la rispéridone. Bien que les conséquences
cliniques apparaissent modestes, une surveillance clinique est
recommandée et, si besoin, la posologie sera adaptée. La paroxétine augmente également les concentrations
plasmatiques du métoprolol avec un risque de majoration de son
activité et de ses effets indésirables. Une surveillance clinique
accrue est recommandée et, en cas de besoin, la posologie du
métoprolol sera adaptée pendant la durée du traitement par
la paroxétine et après son arrêt. La paroxétine pourrait augmenter les concentrations de la
clozapine et de son métabolite, la norclozapine.
Interactions pharmacocinétiques avec les
médicaments modifiant l'activité du CYP 2D6
La paroxétine ne doit pas être associée à
la quinidine qui inhibe le CYP 2D6. La cimétidine et la phénytoïne
entraîneraient une réduction des concentrations plasmatiques de
paroxétine : les conséquences cliniques restent à
préciser.
Autres interactions
La paroxétine pourrait, par un mécanisme restant à établir, augmenter l'activité de la warfarine chez certains sujets. Bien que cette interaction soit controversée,
l'administration de paroxétine se fera sous surveillance attentive chez
des sujets sous anticoagulants oraux.
Le point du spécialiste
|
A retenir : le risque de survenue d'un sydrome
sérotoninergique en particulier avec les IMAO.
|
| Pr M. Plotkine, Paris V |
> Interactions alimentaires
La consommation d'alcool est déconseillée pendant le
traitement, comme avec tout médicament psychotrope. La paroxétine ne doit pas être associée à
la consommation de tryptophane (présent en quantité importante
dans certains compléments alimentaires) en raison du risque de syndrome sérotoninergique.
PERTURBATION DES EXAMENS DE LABORATOIRE
[sommaire]
Aucune interférence n'a été rapportée.
UTILISATION THERAPEUTIQUE
[sommaire]
> Utilisations thérapeutiques établies
Dépression
Chez l'adulte, la paroxétine peut être
utilisée dans tous les types de dépression, y compris en cas
d'anxiété associée. L'efficacité de la
paroxétine dans cette indication a été
démontrée dans des essais cliniques versus placebo (Wagstaff et al., 2002). La paroxétine
paraît aussi efficace que les antidépresseurs tricycliques et
aurait un profil de tolérance plus favorable. Après
régression de l'épisode dépressif, la poursuite de la
paroxétine réduit également l'incidence des rechutes en
comparaison au placebo.
Chez l'enfant et l'adolescent, l'efficacité de la
paroxétine n'a pas été clairement démontrée
dans les essais cliniques (Whittington et al.,
2004). De plus, l'incidence des effets secondaires (notamment le risque
de suicide) pourrait être plus élevée que chez l'adulte
(Jick et al., 2004). De ce fait, l'usage de la
paroxétine chez l'enfant et l'adolescent doit être
réservé aux dépressions sévères,
après avoir évalué les autres possibilités
thérapeutiques, et nécessite une surveillance clinique
rapprochée (Whittington et al., 2004).
Trouble obsessionnel compulsif
La paroxétine peut être utilisée pour le
traitement des troubles obsessionnels compulsifs (Stein,
2002). Elle réduirait l'intensité des symptômes et
le risque de rechute, et améliorerait la qualité de vie (Wagstaff et al., 2002).
Attaque de panique
La paroxétine peut être utilisée pour le
traitement des attaques de panique avec ou sans agoraphobie, et pour la
prévention des récidives (Wagstaff et al.,
2002).
Phobie sociale (anxiété sociale)
La paroxétine peut être utilisée dans les formes
perturbant de façon importante la vie personnelle et professionnelle, en
association avec une prise en charge psychologique. L'efficacité
à long terme (plus de 3 mois) n'a pas été
démontrée (Prakash et Foster, 1999 ;
Wagstaff et al., 2002).
Anxiété généralisée
L'efficacité de la paroxétine a été
démontrée dans des essais cliniques. Elle réduirait le
risque de rechute (Wagstaff et al., 2002 ;
Kapczinski et al., 2003 ; Sramek et al., 2002).
Stress post-traumatique
L'efficacité de la paroxétine a été
documentée dans des essais cliniques (Wagstaff et al., 2002 ; Asnis et
al., 2004). Hors AMM en France.
> Autres utilisations thérapeutiques publiées
Colopathie fonctionnelle
L'administration de paroxétine pourrait améliorer la
qualité de vie des malades, mais ne paraît pas influencer les
symptômes digestifs (Talley, 2004).
Hors AMM en France.
Traitement par l'interféron alpha
La paroxétine pourrait être efficace pour traiter et
prévenir les épisodes dépressifs induits par
l'interféron alpha, aussi bien lors du traitement de l'hépatite
chronique virale C (Kraus et al., 2002) que lors de l'utilisation d'une forte
posologie comme dans le traitement du mélanome (Musselman et al., 2001). Hors AMM en
France.
Syndrome prémenstruel
La paroxétine pourrait réduire les manifestations
cliniques du syndrome prémenstruel (Dimmock et
al., 2000 ; Pearlstein, 2002). Hors AMM en France.
Bouffées de chaleur de la ménopause
La paroxétine pourrait réduire les manifestations
cliniques chez les femmes ne pouvant (ou ne voulant) pas recevoir de traitement
hormonal de la ménopause (Sicat et Brokaw,
2004 ; Fugate et Church, 2004). Hors AMM en France.
Ejaculation précoce
La paroxétine permettrait de retarder l'éjaculation
(Waldinger et Olivier, 2004). Hors AMM en France.
MODALITES D'ADMINISTRATION
[sommaire]
Adulte
La paroxétine est administrée sous forme de
comprimés ou de solution buvable en une prise unique quotidienne, le
matin au cours du petit déjeuner. La posologie initiale recommandée est de 20 mg/jour, sauf pour
le traitement des attaques de panique où l'on conseille de
débuter par 10 mg/jour pour éviter l'aggravation initiale des
manifestations. En fonction de la réponse thérapeutique
(généralement évaluée après 3 semaines de
traitement), la posologie est augmentée progressivement (de 10 mg/jour
chaque semaine) jusqu'à la posologie optimale, habituellement
située vers 40 à 50 mg/jour. La posologie maximale est de 60
mg/jour. La durée du traitement est fonction de la pathologie
traitée et de la réponse thérapeutique. Le traitement d'un
épisode dépressif est de plusieurs mois habituellement (de
l'ordre de 6 mois). Il est conseillé d'arrêter progressivement le traitement
(sur une période de quelques semaines) pour éviter les manifestations de sevrage décrites chez certains sujets.
Sujet âgé de plus de 65 ans
La posologie initiale et les modalités d'augmentation sont
identiques à celles préconisées chez l'adulte. Du fait
d'une réduction de l'élimination, la posologie maximale
recommandée est de 40 mg/jour.
Enfant de moins de 15 ans et adolescent
L'usage de paroxétine n'est pas recommandé dans la dépression de l'enfant
et l'adolescent. En effet, dans cette population, l'efficacité dans la dépression n'est
pas clairement démontrée et le risque d'effets secondaires serait
plus élevé que chez l'adulte, notamment le risque de suicide
(Whittington et al., 2004). La paroxétine
est cependant utilisable en cas de dépression sévère, en
l'absence d'alternative thérapeutique, et nécessite alors une
prescription par un spécialiste et une surveillance clinique
stricte (Whittington et al., 2004). L'agence européenne du médicament (EMEA) déconseille son utilisation
(ainsi que celle des autres inhibiteurs de la recapture de la sérotonine) dans la dépression chez l'enfant et l'adolescent (EMEA, 2004 ; Afssaps, 2004).
CONTRE-INDICATIONS
[sommaire]
> Contre-indications absolues
Hypersensibilité à la
paroxétine
MODALITES DE SURVEILLANCE
[sommaire]
> Surveillance de base
La surveillance est clinique, centrée sur l'évaluation de
l'efficacité thérapeutique et la détection des effets
indésirables. En cas de dépression, il existe un risque de
suicide pendant les premières semaines du traitement du fait de la
désinhibition psychomotrice qui précède l'effet
antidépresseur.
> Surveillance dans certaines situations
Sujet âgé de plus de 65 ans
La posologie initiale et les modalités d'augmentation sont
identiques à celles préconisées chez l'adulte. La posologie maximale
recommandée est de 40 mg/jour.
Insuffisance rénale
Du fait d'une réduction de l'élimination en cas
d'insuffisance rénale sévère (clairance de la
créatinine < 30 ml/min), la posologie maximale recommandée est
de 40 mg/jour.
Cirrhose
Du fait d'une réduction de l'élimination en cas
d'insuffisance hépatique sévère, la posologie maximale
recommandée est de 40 mg/jour.
Manie ou trouble bipolaire
La paroxétine est susceptible d'entraîner la survenue
d'un épisode maniaque.
Glaucome à angle fermé
La paroxétine, comme les autres inhibiteurs de la recapture
de la sérotonine, est susceptible d'entraîner la survenue d'un
épisode de glaucome aigu.
Epilepsie
La paroxétine est susceptible d'entraîner la survenue
de crises convulsives sur des terrains favorisants ou dans des situations à risque.
Troubles de l'hémostase
Des cas d'hémorragie parfois grave ont été
rapportés chez les sujets traités par inhibiteurs de la recapture
de la sérotonine.
Informer le patient :
|
Il est indispensable d'informer le patient et son entourage du risque
d'idées suicidaires pendant les premières semaines de
traitement de syndrome sérotoninergique, en cas d'association à certains médicaments (voir Interactions). Il faut recommander de ne pas entreprendre de
nouveau traitement sans avis médical, et d'éviter les
compléments alimentaires susceptibles de contenir du tryptophane. Enfin, il convient d'insister sur la nécessité de
ne pas arrêter le traitement de façon brutale du fait du risque de
survenue d'un syndrome de sevrage.
|
| Pr J.-C. Trinchet, Paris XIII |
EFFETS INDESIRABLES
[sommaire]
Les effets indésirables sont plus intenses et plus
fréquents au début du traitement (une à deux semaines) et
s'estompent progressivement par la suite. Les
principaux effets indésirables rapportés avec une
fréquence supérieure à celle du placebo sont les suivants
:
- - Nausées (fréquent). Environ 25 % des sujets
traités.
- - Somnolence (fréquent). Environ 20 % des sujets
traités.
- - Asthénie (fréquent). Environ 15 % des sujets
traités.
- - Sécheresse buccale (fréquent). Environ 15 %
des sujets traités.
- - Troubles sexuels (fréquents).
Chez l'homme, une impuissance ou une éjaculation
retardée ont été rapportées avec une
fréquence accrue chez 10 à 15 % des sujets traités par
paroxétine. Chez la femme, une diminution de la libido et une anorgasmie
ont également été rapportées (environ 2 % des sujets
traités). L'incidence et l'intensité de ces troubles
paraissent proportionnelles à la dose administrée.
- - Insomnie (fréquent). Environ 10 % des sujets
traités.
- - Diarrhée (fréquent). Environ 10 % des sujets
traités.
- - Constipation (fréquent). Environ 10 % des sujets
traités.
- - Vertiges (fréquent). Environ 10 % des sujets
traités.
- - Hypersudation (fréquent). Environ 10 % des sujets
traités.
- - Tremblements (fréquent). Environ 10 % des sujets
traités.
- - Anxiété (rare). Environ 5 % des sujets
traités.
- - Suicide (rare).
Bien que le risque de suicide, inhérent aux affections en
cause, soit plus élevé chez les sujets traités que dans la
population générale, l'administration de paroxétine ne
semble pas augmenter ce risque chez les sujets adultes. Néanmoins, chez
l'enfant et l'adolescent, une augmentation du risque de suicide est fortement
suspectée (Jick et al., 2004). En tout état de cause, le risque
paraît plus élevé pendant les premières semaines du
traitement et justifie une surveillance clinique spécifique.
- - Manifestations extrapyramidales (très rare).
Ces manifestations ont été surtout rapportées
chez des sujets atteints préalablement des mouvements anormaux ou
traités par un neuroleptique. Une akathisie (besoin de bouger et
mouvements incessants des jambes) et des mouvements dystoniques du visage, de
la langue et des yeux ont été rapportés.
- - Accès maniaque (rare).
La survenue d'un accès maniaque a été surtout
rapportée chez des sujets atteints de trouble bipolaire. Dans ce cas,
l'arrêt du traitement et l'administration de neuroleptiques
sédatifs est recommandée.
- - Syndrome sérotoninergique (très rare).
Il a été principalement rapporté lorsque la
paroxétine était administrée avec d'autres
médicaments (voir Interactions médicamenteuses).
- - Hyponatrémie (très rare).
La survenue d'une hyponatrémie a été
rapportée chez des sujets âgés, dénutris, ou
atteints de cirrhose. Elle serait favorisée par la prise conjointe
d'autres médicaments en particulier de diurétiques (Fabian et al., 2004). Elle serait parfois
liée à une sécrétion inappropriée d'hormone
antidiurétique.
- - Hémorragie (très rare).
La survenue d'hématomes, d'ecchymoses et d'hémorragies, notamment digestives, a
été rapportée. Ces dernières seraient favorisées par la prise
conjointe d'aspirine ou d'AINS.
- - Syndrome de sevrage (très rare), cf.
Pharmacodépendance.
- - Autres effets indésirables rapportés :
- - Cauchemars
- - Crise convulsive
- - Hypotension orthostatique
- - Troubles visuels : flou visuel, anisocorie, hypertonie oculaire,
glaucome aigu
- - Troubles urinaires : incontinence ou rétention urinaire,
mictions impérieuses
- - Augmentation des transaminases
- - Hépatite aiguë ictérique (Odeh et al., 2001)
INTOXICATION AIGUE ET SURDOSAGE
[sommaire]
> Symptômes
Surdosage
Un simple surdosage en paroxétine est
généralement sans conséquence.
Intoxication aiguë
L'apparition des symptômes d'une intoxication à la
paroxétine peut être retardée en raison d'une
résorption digestive assez lente. Les signes cliniques sont variables selon la dose
ingérée. Pour des doses allant jusqu'à 850 mg, les signes
habituellement rencontrés sont des troubles digestifs et une somnolence.
Même pour des doses ingérées importantes, l'intoxication
peut rester asymptomatique. La constatation possible de signes
anticholinergiques (tachycardie sinusale, globe vésical) témoigne
d'une spécificité incomplète de la paroxétine
à fortes doses. Un syndrome sérotoninergique a pu être
observé lors de l'ingestion de doses massives de paroxétine. Une dépression importante du système nerveux central
est rare, plus souvent le fait d'une association à d'autres psychotropes
ou à de l'alcool. La possibilité de survenue d'un syndrome
sérotoninergique lors d'une association avec d'autres molécules
doit être évoquée devant une hyperthermie ou des troubles
du comportement inexpliqués. Ce syndrome est observé lors de la
prise concomitante de paroxétine et d'IMAO (association
contre-indiquée avec les IMAO-B et déconseillée avec les
IMAO-A), d'imipraminiques ou d'alcool (association déconseillée).
> Conduite à tenir
La prise en charge consiste en une surveillance continue et en un
traitement symptomatique. L'administration précoce de charbon
activé (moins d'une heure après l'ingestion) en dose unique (50 g
pour les adultes, 1g/kg pour les enfants) peut être pratiquée. Le
lavage gastrique n'a aucun intérêt.
L'avis du toxicologue
|
L'intoxication volontaire par les antidépresseurs inhibiteurs séléctifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) et
inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de la nordrénaline (IRSNA) est l'une des plus fréquentes
des intoxications par psychotropes (Danel et Blancher, 1999). La
toxicité aiguë des ISRS est beaucoup moins importante que celle des
antidépresseurs tricycliques. L'intoxication par
paroxétine seule ne présente habituellement aucun
caractère de gravité. Ce sont surtout les associations qui
doivent être redoutées : association à des produits
majorant la dépression nerveuse centrale ou association à des
produits susceptibles d'entraîner l'apparition d'un syndrome
sérotoninergique.
|
| Pr V. Danel, Grenoble |
GROSSESSE
[sommaire]
Données à prendre en compte :
|
Le RCP recommande actuellement de ne pas utiliser la paroxétine
pendant la grossesse en l'absence de données en nombre suffisant pour
évaluer un éventuel effet malformatif ou foetotoxique. Cependant, les données actuelles ne sont pas en faveur d'un
risque tératogène : la paroxétine n'induit pas de
malformation chez l'animal et dans l'espèce humaine ; il n'a pas
été rapporté d'augmentation du risque malformatif
après exposition au 1er trimestre (Inman et al.,1993 ; Kulin et al.,
1998 ; Ericson et al., 1999). En revanche, l'exposition à la paroxétine en fin de
grossesse peut entraîner chez le nouveau-né : agitation,
irritabilité, pleurs, troubles de succion, tremblements et
exceptionnellement détresse respiratoire (Oberlander et al., 2004 ; Costei
et al., 2002 ; Nordeng et al., 2001 ;
Stiskal et al., 2001). De plus, la
paroxétine, comme les autres IRS, pouvant entraîner des
manifestations hémorragiques chez l'adulte, ce risque n'est pas exclu
chez le nouveau-né exposé in utero, d'autant que 2 cas
d'hémorragie cérébrale néonatale ont
été rapportés avec la prise de paroxétine en fin de
grossesse (Duijvestijn et al., 2003 ;
Salvia-Roiges et al., 2003). Le prescripteur doit prendre en compte ces données pour la
prescription ou la poursuite de ce traitement pendant la grossesse. Si le
traitement est poursuivi jusqu'au terme, il convient d'être attentif
à la survenue des manifestations sus-citées.
|
| Dr A.-P.
Jonville-Béra, Tours |
ALLAITEMENT
[sommaire]
La paroxétine passe dans le lait maternel, mais les
concentrations obtenues et la quantité ingérée par
l'enfant restent très faibles, de l'ordre de 1 % de la dose
administrée à la mère (Weissman et al., 2004). Bien que
le passage de la paroxétine dans le lait maternel soit faible, le traitement par paroxétine est déconseillé pendant l'allaitement.
PHARMACODEPENDANCE
[sommaire]
Il ne semble pas y avoir de dépendance physique ou psychique.
Néanmoins, un syndrome de sevrage (associant troubles sensoriels comme
des paresthésies, anxiété, troubles du sommeil, agitation,
tremblements, nausées, sueurs et confusion mentale) a été
rapporté chez certains malades lors de l'arrêt brutal du
traitement. De ce fait, l'arrêt progressif du traitement sur plusieurs
semaines est recommandé.
BIBLIOGRAPHIE
[sommaire]
- Asnis GM, Kohn SR, Henderson M, Brown NL. SSRIs versus non-SSRIs in
post-traumatic stress disorder: an update with recommendations. Drugs
2004;64:383-404. Abstract - Related Articles
- Begg EJ, Duffull SB, Saunders DA, Buttimore RC, Ilett KF, Hackett
LP, Yapp P, Wilson DA. Paroxetine in human milk. Br J Clin Pharmacol. 1999
Aug;48(2):142-7. Abstract - Related Articles
- Costei AM, Kozer E, Ho T, Ito S, Koren G. Perinatal outcome
following third trimester exposure to paroxetine. Arch Pediatr Adolesc Med.
2002;156:1129-32. Abstract - Related Articles
- Danel V, Blancher D. Intoxication par les nouveaux
antidépresseurs, les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine
et de la noradrénaline. Médecine Thérapeutique 1999 ; 5, 1
: 17-23.
- Dimmock PW, Wyatt KM, Jones PW, O'Brien PM. Efficacy of selective
serotonin-reuptake inhibitors in premenstrual syndrome: a systematic review.
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SPECIALITES CONTENANT CE PRINCIPE ACTIF
[sommaire]
Source VIDAL : février 2005
> Spécialités contenant ce principe actif en constituant unique
DEROXAT 20 mg comprimé pelliculé sécable,
boîtes de 14 et 50 DEROXAT 20 mg/10 ml suspension buvable, flacon de 150
ml PAROXETINE BGR 20 mg comprimé pelliculé
sécable, boîte de 14 PAROXETINE G GAM 20 mg comprimé pelliculé
sécable, boîte de 14 PAROXETINE IREX 20 mg comprimé pelliculé
sécable, boîte de 14 PAROXETINE MERCK 20 mg comprimé pelliculé
sécable, boîte de 14 PAROXETINE QUALIMED 20 mg comprimé pelliculé
sécable, boîte de 14 PAROXETINE RATIOPHARM 20 mg comprimé pelliculé,
boîte de 14 PAROXETINE SANDOZ 20 mg comprimé sécable,
plaquette de 14
DEFINITION
[sommaire]
Utilisations thérapeutiques établies :
Le caractère établi reflète l'état de la littérature scientifique
et l'opinion des auteurs. Il peut donc sortir du cadre de l'AMM (autorisation
de mise sur le marché) en France ou ailleurs.
Contre-indications relatives (à évaluer en fonction
de la balance bénéfice/risque) :
Les contre-indications relatives regroupent les situations dans
lesquelles la prescription est possible sous réserve de respecter
éventuellement des règles de surveillance et/ou d'adaptation
posologique.
Ces informations, si elles sont accessibles au public, sont destinées aux professionnels de santé.
Si vous êtes un particulier, ne prenez aucune décision concernant
votre santé
sans avoir pris l'avis de votre médecin.
Comité éditorial de la lettre "En substance"
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